Les universités françaises sont vétustes.
Lors de la mise en place de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), en juillet 2007, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avait parlé d'une première étape avant d'engager les mesures nécessaires a la réhabilitation des bâtiments universitaires et à l'amélioration des conditions de vie étudiante. En général et pour tous. Les personnes concernées par l'université s'interrogent : les sites sélectionnés l'ont-ils été sur des critères liés a leur vétusté ? Non ! « Le site de Lyon a été sélectionné parmi un certain nombre d'autres sites. L'université avait présenté un projet coordonné. Il se déclinait sur quatre campus, Charles Mérieu et la Doua, tous deux retenus, et Bron et Rockefeller, qui n'ont pas été retenus. Lyon II se réjouit bien sûr que Lyon ait été sélectionné, puisqu'il est parti prenante de l'université de Lyon. Mais le campus de Bron est dans un état de vétusté immobilière grave comme le campus de Rockefeller. La visibilité internationale des sites a été privilégiée. Mais la question de la rénovation des locaux se pose objectivement par delà la visibilité ou la non visibilité d'une université. Les critères choisis par le gouvernement pour sélectionner les sites universitaires apparaissent à beaucoup opaques. Que va-t-on dire aux étudiants de l'université de Reims, par exemple, dont l'amphi est en train de s'écrouler ? On va leur dire que leur université était moins prioritaire ! Ce n'est pas sérieux. D'autant que ni la communauté universitaire, étudiants et personnels, ni les collectivités territoriales n'ont été consultées pour élaborer le plan Campus. On aurait dû prendre le temps d'établir avec les différents acteurs, régions, milieu universitaire et de la recherche, des critères de localisation et de mise en réseau des universités.
Revoir la carte universitaire mais pas à n'importe quel prix !
Le Plan Campus apparaît en réalité comme une volonté cachée de modifier la carte universitaire. Nous sommes tout à fait d'accord avec une évolution de la carte universitaire. Nous ne sommes pas pour le maintien du statu quo. Ca demande donc de prendre un peu de temps et d'avoir surtout des critères clairs et objectifs pour la mise en œuvre de pôles universitaires. Mais l'autre souci, apparemment évincé par le gouvernement, est de garder une certaine proximité vis-à-vis des étudiants. Ou alors faudrait-il aussi mettre en œuvre une véritable politique d'aide aux étudiants, en particulier de logement étudiant, qui permettent à ceux qui vivent loin de ces pôles universitaires d'y entrer. Aujourd'hui, c'est loin d'être le cas. L'inquiétude est dont latente chez les étudiants et les enseignants. Car parmi les six premiers sites choisis, aucun n'appartient à une ville moyenne, et les sciences humaines semblent avoir été oubliées. C'est à l'Etat d'avoir une politique d'aménagement du territoire. J'ai peur qu'avec un système a plusieurs vitesses, on tourne le dos à l'enjeu de démocratisation de l'enseignement supérieur », estime le président de l'UNEF. Nous ne devons pas être dans deux logiques qui s'affrontent, mais dans des logiques coordonnées. Ce serait une sorte de renoncement de ne pas avoir comme l'ambition l'excellence internationale. Mais il faut donner des moyens à l'université républicaine, parce que c'est elle qui accueille la masse des étudiants. Et pour l'instant les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins. La droite est allée vendre des actions EDF pour financer ce plan, mais ou trouvera-t-elle les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des quelques 1.500.000 étudiants français ?


