Mai 68 fut un grand événement déclencheur. Face à un pouvoir gaulliste enfermé dans son inflexibilité, étudiants, intellectuels, et ouvriers ont amorcé des pouvoirs précurseurs: libération des femmes, massification de l'enseignement, augmentation du pouvoir d'achat (CQFD), émergence des causes environnementales, proclamation de nouveaux droits, autonomie de la jeunesse, contestation de l'autoritarisme comme mode de confirmation du pouvoir. Ça ne vous rappelle rien? Là où la droite manipule la mémoire, la responsabilité des socialiste est d'écrire l'histoire.
Mais 68 est un grand mouvement de libéralisation et de démocratisation de la société française qui en avaiT bien besoin. On se souvient très peu aujourd'hui de ce qu'était la France du général De Gaulle et de tante Yvonne. Mai 68 s'en est prit à toutes les formes autoritaires du pouvoir:
A l'université
A la famille, le couple
L'entreprise
Et ce n'est pas du tout pour abolir tout pouvoir comme le dit idiotement Sarkozy.
Mai 68 s'en ai prend à toutes les sortes de discriminations: entre les classes sociales mais aussi contre les immigrés, les femmes, les homosexuels, aux noms des valeurs de l'égalité et de l'émancipation: Mai 68 était portés par l'utopie de la société sans classe.
Les 2 premières sources d'inspiration: Libéralisme politique et moral, exigence démocratique; cela a transformé en profondeur la société française.
Mai 68 est le moment culminant qui débute en 1963 ( fin de la guerre d'Algérie, liquidation de L'OAS et mise en place des institutions françaises) avec la grève des mineurs et le refus de la réquisition: dès cette date, les mouvements sociaux s'enchaînent, leur virulence s'amplifie et court jusqu'en 1973 avec LIP et le LARSAC. A partir de 74, on entre dans une autre phase, avec la crise pétrolière puis économique ( 2008, 3eme choc pétrolier???)
Des mouvements en 68, il y en aura d'autres... Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États-unis, Grande-Bretagne, Mexique...)
Ce qui est spécifique à la France, c'est le rassemblement des étudiants contestataires, des professeurs, y compris les prix Nobel. En bastonnant, le gouvernement bastonne l'université !
La victoire concédée après des nuits de manifestations et de barricades donne l'idée que le pouvoir peut céder !
Il ne s'agit plus d'une bonne vieille grève, les patrons sont séquestrés, les usines et magasins sont occupés, la prise de parole est générale après des années d'étouffement gaulliste.
Au départ, l'espoir d'une amélioration des conditions de vie, des conditions de travail, des conditions d'études nait.
On y retrouve l'émancipation, la libéralisation et une forme de déterminisme du type – vous êtes fils d'ouvrier, soyez ouvrier (pauvres cons rajouterai notre cher président)!
C'est le refus d'accepter un destin écrit à l'avance par le reste de la société.
On impute à Mai 68 tout et n'importe quoi: son hédonisme, son individualisme, son relativisme, son cynisme, sa mise en faillite des grands vecteurs de transmission de l'école et de la famille. Conséquences: famille recomposées ou homosexuelles apparaissent comme une valeur refuge quand les grandes solidarités collectives sont à la ramasse. Quand a l'école, lui demandait-on auparavant de résoudre les nouveaux ghettos urbains ou les problèmes du chômage?
Quand les défenses collective élaborées en 36, à la libération, et en 68 craquent, que la sécurité sociale ne protège plus, quand les fins de mois sont dures, que les retraites sont durent, que l'école ne débouche plus naturellement sur l'emploi et que les jeunes ne trouvent que difficilement leur logement, va t on leur reprocher de compter que sur eux même?
Pour la droite, la peur ne s'est pas éteinte mais surtout elle a besoin d'un nouveau ennemi héréditaire pour remplacer le communisme.
Chacun est libre d'aimer ou de détester ce mai 68 qui a secoué une sociale-démocratie traditionnelle qui s'était accommodée du colonialisme et du Gaullisme. Personne ne peu effacer le fait que nous vivons et militons dans un pays qui possède Mai 68 dans son histoire.
Mai 68 a marqué les esprits parce qu'un espoir est né, de part cette conquête sociale. La révolte de 68, c'était aussi une façon de dire: Nous voulons une part de la production, notre part du développement, avec une volonté de mieux vivre, d'avoir plus de droits et une anticipation sociale. Ensuite, nous sommes entrés dans une situation plus difficile, une situation de stagnation économique, voir de recul.
L'idée de ce déterminisme devenu insupportable en mai 68 se retrouve aujourd'hui de façon amplifiée, avec ce sentiment de déclassement et la conviction de toute une génération quelle ne vivra pas mieux que ces parents mais au contraire moins bien.
1968 était la fin et un peu l'apothéose d'une période de 30 ans commencée après guerre, marquée, de façon unique dans l'histoire, par une croissance continue des salaires.
Mais les inégalités se creusent. 68 était la fin de ce processus où les parents pensaient que les enfants auraient le droit a une vie meilleure.
Dans les années 70 et dans les année 80 ce mouvement s'est effectivement inversé. Nous avons perdu cette espoir la.
Certes, il y eu le CPE, une importante mobilisation de la jeunesse, que l'on peu comparer avec le mouvement des lycées, mais cette mobilisation est plus pragmatique que celle de 68.
La jeunesse a besoin de s'accrocher a un certain réalisme: on se bat pour avoir plus de profs, pour avoir des moyens dans l'éducation national, avoir des moyens dans les universités. C'est une réalité économique. Les inégalités recommencent à s'accroitre pour les générations qui suivent, la situation est beaucoup plus dure pour les générations précédentes, ce qui n'était pas le cas en 1968.
Il est possible d'avoir aujourd'hui ou demain des mouvement sociaux similaire. Aujourd'hui cette perspective de transformation sociale radicale n'est qu'une rhétorique révolutionnaire. C'est notre héritage. Nous nous devons de continuer un mouvement et pas forcement de créer un nouveau combat. Il est nécessaire de retrouver des points d'union pour recréer une nouvelle majorité sociale, en prenant conscience que nous partageons les même conditions économiques, les même craintes, les même difficultés. Il y a des points de rassemblement et nous avons des intérêts collectifs.
L'autorité ne peux plus être considérées, nulle part et y compris en politique comme de droit divin ( hiérarchie veut dire en grec autorité divine). L'autorité des sots pour liquider Mai 68, de droite comme de gauche, n'a aucune légitimité. Assumer la possibilité de la résolution et de l'illusion révolutionnaire ne veut pas dire se résigner face au besoin impérieux de lutte pour plus de liberté, d'égalité, et de fraternité. Sur une planète elle même en péril et regorgeant de guerres, de famines et de destructions, une grande force de gauche rassembleuse et plus que jamais nécessaire.
Ce qui ont 20 ans aujourd'hui ont 3 grands défis à relever, trois utopies réalistes à mettre en œuvre:
Tout d'abord il est nécessaire d'inventer un nouveau model de développement compatible avec la survie de l'éco-système et avec l'intérêt des générations futures.
En outre, il faut achever la construction de l'Europe, et faire de l'union européenne la première puissance économique, sociale et écologique au monde.
Enfin il faut instituer une véritable gouvernance mondial, en renforcant et en démocratisant l'ONU et ces agences internationales: L'OIT, l'OMS, la FAO, L'UNESCO mais aussi le FMI, la banque mondiale, l'OMC.
La crise financière, alimentaire, écologique que nous vivons, montre que le monde souffre d'une carence d'organisation et de régulation.
Il y a du pain sur la planche
Emmanuel DECARPENTRY Responsable-adjoint MJS Calais-environs.
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