IL FAUT SAUVER INGRID...

IL FAUT SAUVER INGRID...
Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé jeudi 3 avril dans la soirée d'aller, avec son homologue français Nicolas Sarkozy, chercher en Colombie Ingrid Betancourt. Il a également demandé au président Sarkozy de solliciter l'aide des Etats-Unis.
"Je serais disposé à aller, avec Sarkozy, chercher Ingrid", a indiqué Hugo Chavez dans un message diffusé par les chaînes de radio et de télévision vénézuéliennes, dévoilant le contenu d'un entretien téléphonique qu'il a eu mercredi avec le président français.
Hugo Chavez a par ailleurs suggéré à Nicolas Sarkozy de faire également appel au président américain George W. Bush pour faciliter l'échange humanitaire entre 39 otages des Farc, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, et quelque 500 guérilleros emprisonnés. "J'ai recommandé à Sarkozy de parler avec le président des Etats-Unis qui peut faire beaucoup là-bas" (en Colombie), a-t-il indiqué sans autre précision.
Pour Hugo Chavez, "la situation est extrêmement compliquée" car les Farc n'ont pas répondu à l'initiative française.
"Nous sommes prêts à soutenir cette mission humanitaire comme nous l'avons fait précédemment, mais bien sûr la situation est très compliquée", a-t-il expliqué.

Libération uniquement dans le cadre d'un échange

Un peu plus tôt jeudi, Rodrigo Granda, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), avait exclu toute libération unilatérale d'otages, déclarant qu'aucun ne serait libéré autrement que dans le cadre d'un échange avec des guérilleros emprisonnés.
Cette déclaration rendue publique sur le site Web de l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des Farc, est intervenue alors qu'une mission envoyée par la France pour tenter d'approcher de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis six ans et qui serait gravement malade, vient d'arriver à Bogota.
"Ceux qui sont prisonniers dans nos campements ne seront libérés que dans le cadre d'un échange de prisonniers", a déclaré Rodrigo Granda. "Il n'est pas admissible qu'on nous demande encore des gestes de paix, quand après tant de preuves concrètes de notre volonté politique de trouver des issues au conflit, on nous répond par l'infamie", a-t-il ajouté.
Dans son message, Granda, responsable des relations extérieures des Farc, n'a pas mentionné la mission humanitaire française.

La mission française s'est posée jeudi à Caracas

"Ils sont nombreux à demander la libération des 'otages' mais nombreux aussi à oublier que les nôtres, les fils des pauvres qui ont lutté comme combattants de l'armée du peuple pour la justice sociale, sont dans des conditions pires que les prisonniers aux mains des Farc", a-t-il en revanche lancé.
Cette déclaration semble mettre un bémol aux espoirs d'une libération d'Ingrid Betancourt. Elle est intervenue alors que l'avion acheminant deux médecins et deux diplomates, composant une mission censée approcher des Farc et de leurs otages, s'est posé jeudi à l'aube à Caracas. La mission française n'avait pas encore précisé sa destination finale, mais le gouvernement et les forces armées colombiennes se sont engagées à suspendre les opérations militaires dans la zone où elle se rendra.
Cette mission mise en place par la France, l'Espagne et la Suisse, trois pays impliqués depuis longtemps dans les négociations entre le gouvernement colombien et les différentes guérillas du pays, avait débuté mercredi, avait annoncé l'Elysée, sans fournir plus de détails.

Peu de commentaires

Paris et Bogota ont communiqué a minima sur cette mission, estimant que seule une discrétion extrême pourrait lui permettre de réussir. Les deux capitales ne réagissaient pas jeudi soir aux déclarations de Granda.
Ce dernier avait été libéré en juin 2007 par Bogota, à la demande de Paris, qui voulait faire avancer un éventuel échange humanitaire entre otages et guérilleros emprisonnés.
Les Farc réclament la démilitarisation d'une zone de 180 km2 des municipalités de Pradera y Florida, dans le Valle del Cauca, pour y discuter de cet éventuel échange humanitaire.
L'objectif de la mission humanitaire, annoncée mardi soir par le président français Nicolas Sarkozy, est d'apporter des soins médicaux à plusieurs des otages qui seraient souffrants. Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de six ans, est atteinte d'une hépatite B récurrente et d'une lechmaniose, une maladie tropicale, selon sa famille, qui tient ces informations d'un ancien parlementaire colombien libéré par les Farc en février. Son fils Lorenzo a affirmé mercredi qu'elle avait besoin d'"une transmission sanguine dans les heures qui viennent, sous peine de perdre la vie".

"Réussir à approcher Ingrid et à la soigner"

Fabrice Delloye a dit jeudi nourrir l'espoir que cette mission pourrait également se solder par la libération de son ex-épouse, une éventualité évoquée également par le quotidien "International Herald Tribune" sur son site Web.
"Le premier objectif de cette mission, c'est de réussir à approcher Ingrid et de la soigner. (...) Par la suite, on espère que les émissaires pourront avoir la possibilité de discuter avec les Farc et envisager la sortie d'Ingrid de la jungle", a-t-il expliqué.
Le Guaviare est la région du sud-est de la Colombie où deux missions orchestrées par le Venezuela et la Croix-Rouge ont pu obtenir la libération de six otages en début d'année, dont l'ancienne collaboratrice d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, à l'époque où elle faisait campagne pour l'élection présidentielle colombienne.
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# Posté le vendredi 04 avril 2008 03:06

LA MOTION DE CENSURE DEPOSEE

LA MOTION DE CENSURE DEPOSEE
C'est la première motion de censure du quinquennat. Elle a été déposée jeudi à l'Assemblée nationale par les députés PS et PRG, rejoints par leurs collègues PCF et Verts. Objet : dénoncer "la politique d'alignement atlantiste" menée par Nicolas Sarkozy. Elle sera débattue mardi dans l'hémicycle au titre de l'article 49-2 de la Constitution. Elle n'a aucune chance d'être adoptée, les députés UMP détenant la majorité absolue au Palais-Bourbon.

Les 226 signataires du texte entendent "éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d'opérer le président et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d'indépendance militaire et stratégique de notre pays". Otan, Irak, discours devant le Congrès américain... autant de prises de position qui "ont posé les jalons d'un alignement atlantiste global", affirment-ils.

Un "homme seul" qui "humilie le Parlement"

Jeudi, lors du sommet de l'Otan à Bucarest, Nicolas Sarkozy a confirmé que Paris pourrait réintégrer le commandement intégré de l'Alliance atlantique au prochain sommet de 2009, si des progrès sont accomplis sur l'Europe de la défense. L'opposition dénonce aussi le renforcement de "l'effort de guerre de la France en Afghanistan". "Nous nous y opposons" parce que "nous refusons un enlisement dans une guerre sans but et sans fin. Nous refusons d'exposer inutilement la vie des soldats français tant que les leçons de l'échec de la coalition n'auront pas été tirées. Nous refusons que la France supporte en Afghanistan le fardeau de la guerre américaine en Irak alors même qu'elle avait été la première à en dénoncer la nocivité", insistent les signataires.

"L'intérêt de la France n'est pas d'ajouter la guerre à la guerre" mais "d'aider à un règlement global" en Afghanistan, martèlent-ils. Cette décision "a peu à voir" avec l'Afghanistan "et beaucoup avec l'obsession atlantiste du président" et son projet de "réintégrer la France dans le commandement de l'Otan". Ce faisant, "la France perdrait sa liberté de choix dans le monde" et "se retrouverait liée à une doctrine des blocs qu'elle a toujours récusée", redoute l'opposition. Les députés de gauche condamnent l'initiative d'un "homme seul" qui "humilie le Parlement" et révèle sa "conception de la démocratie: un exécutif, des exécutants".

Si la droite approuve largement le renforcement de la présence française en Afghanistan, un certain nombre de parlementaires UMP ne sont pas favorables au retour complet de la France dans l'Otan. Dénonçant une "trahison", le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP) a réclamé jeudi l'organisation d'un référendum sur la question. Dans le texte de leur motion, les élus de gauche dénoncent aussi "le plan d'austérité qui se met en place par touches successives, via notamment l'annulation massive de crédits publics et la remise en cause de réformes sociales", qui "aurait suffi à justifier cette motion de censure".

# Posté le vendredi 04 avril 2008 02:43

SARKO S'EN VA-T-EN GUERRE (ACTE II)

SARKO S'EN VA-T-EN GUERRE (ACTE II)
Après le débat sans vote organisé mardi après-midi au Parlement sur l'Afghanistan, les députés socialistes vont déposer une motion de censure contre le gouvernement Fillon, a-t-on appris mardi 1er avril dans l'entourage du président du groupe PS Jean-Marc Ayrault.

Débat sur l'Afghanistan

"Nous allons partir de la question du renforcement militaire français en Afghanistan mais la motion portera sur l'ensemble des problèmes du pays, économiques et sociaux", a-t-on indiqué de même source.
Cette motion de censure sera déposée vers 16H00 à l'issue de ce débat, a-t-il été encore précisé.
Jean-Marc Ayrault avait demandé la semaine dernière au Premier ministre François Fillon d'engager la responsabilité de son gouvernement à l'occasion du débat sur l'Afghanistan.
Les députés PS avaient également demandé en vain à François Fillon de participer au débat organisé jeudi dernier, à leur initiative, sur la situation économique et sociale.
Ils l'interpellent régulièrement sur les conséquences de la dégradation de la croissance et du déficit, l'accusant de préparer sans l'avouer un plan de rigueur.

Fait accompli

Le débat au sujet de l'envoi de renforts français en Afghanistan aura lieu ce mardi au Parlement, alors que Nicolas Sarkozy a déjà pris sa décision. Les socialistes, qui réclamaient un vote, n'ont pas obtenu gain de cause.
Estimant être mise devant le fait accompli, la gauche dénonce des "causeries" et s'inquiète des conséquences du choix présidentiel de s'impliquer davantage dans le conflit afghan, faisant resurgir le spectre du Vietnam.
Prévu à partir de 15h00, le débat à l'Assemblée nationale, qui se prolongera ensuite au Sénat, sera introduit par le Premier ministre. François Fillon viendra, selon ses propres termes, "présenter la position de la France".

"Fossé" entre les "promesses" et les "actes"

Le renforcement de la présence française en Afghanistan, où le contingent tricolore pourrait passer de moins de 2.000 à environ 3.000 hommes, sera confirmé par Nicolas Sarkozy à ses 25 partenaires de l'Alliance atlantique lors du sommet de l'Otan prévu de mercredi à vendredi à Bucarest, en Roumanie.
Le chef de l'Etat avait évoqué ce renforcement devant le Parlement britannique lors de sa visite d'Etat à Londres la semaine dernière.
Ses déclarations avaient fait monter la pression des élus français favorables à un débat, que le gouvernement a fini par accepter après avoir proposé une discussion au sein des seules commissions parlementaires.
Pour le Premier secrétaire du PS François Hollande, le débat devrait être "conclu par un vote pour que le Parlement décide de s'associer à cet envoi de troupes".
Une demande réitérée lundi par le député Jean-Marc Ayrault, qui s'exprimera lors du débat à l'Assemblée au nom du groupe socialiste, radical et citoyen.
"Au moment où l'on nous promet que le projet de réforme institutionnelle permettra au Parlement de se prononcer sur les engagements militaires de la France, le président et le gouvernement montrent le fossé entre leurs promesses et leurs actes", dénonce-t-il dans un communiqué.

"Un débat sans vote n'a pas de sens"

"Un débat sans vote n'a pas de sens", renchérit le député PS Henri Emmanuelli, qui avait interpellé le gouvernement mercredi dernier lors de la séance de questions. "Le Parlement est élu pour contrôler et décider, et pas pour organiser des causeries."
Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, l'ancien ministre Jack Lang fait valoir que "dans les autres pays démocratiques, aucune opération de ce type ne pourrait être envisagée sans un vote préalable du Parlement".
Pour étayer sa demande, le PS fait un parallèle avec le vote qui avait précédé l'implication de l'armée française dans la guerre du Golfe, en 1991 - un vote nié par François Fillon dimanche soir sur TF1.
Pour l'UMP, cet argument n'a "pas de sens" dans la mesure où il s'agit d'une "opération de sécurisation", pas d'une "guerre".
"Les socialistes ont la mémoire sélective parce qu'ils comparent des choses qui ne sont pas comparables", a estimé lundi Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti majoritaire, lors d'un point de presse.
Outre le PS, l'envoi de renforts en Afghanistan est dénoncé par les communistes, le Front national et certains députés de droite comme l'UMP Jacques Myard et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Stratégie

Au-delà de la procédure, les élus s'inquiètent de la stratégie à adopter en Afghanistan, théâtre de combats incessants, surtout dans le Sud. Selon des sources diplomatiques concordantes, les renforts français seront déployés dans l'Est, à la frontière avec le Pakistan.
Selon un sondage BVA pour le quotidien Sud-Ouest publié lundi, 68% des Français désapprouvent l'envoi de renforts français, contre 15% qui l'approuvent et 17% qui ne se prononcent pas.
Le député PS Jean-Louis Bianco dit craindre un "nouveau Viêtnam".
"Renforcer la démocratie (en Afghanistan), faire en sorte que l'aide arrive, définir une stratégie militaire, voilà ce qu'il faut faire au préalable, faute de quoi on peut craindre que nous partions vers un nouveau Viêtnam", a dit au Journal du dimanche l'ancien secrétaire général de l'Elysée, suggérant un débat à ce sujet au Parlement européen.
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# Posté le mardi 01 avril 2008 08:03

UNE TAUPE A L'ELYSEE?

VSD nous avait prévenus : Carla va nous changer ce sacré Nicolas. Depuis, chaque jour ou presque apporte sa petite touche au portrait de Carla en première dame soucieuse, non pas des bonnes œuvres mais de cette gauche avec laquelle elle manifestait, voici quelques mois encore, par exemple contre la loi ADN. Jeudi, radio-Flore nous apprend que Carla a notamment récemment rappelé un ami, éditorialiste dans un grand journal de gauche, pour l'inviter à déjeuner sur le thème «Je sais que t'aimes pas mon mec, mais c'est pas grave.» Vendredi, le site purepeople rapporte que la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, a rencontré Carla Bruni au restaurant Le Violon d'ingres. Les deux femmes ont fini le déjeuner ensemble, avec leurs invités respectifs.
Samedi, Le Monde nous apprend que Carla Bruni s'était «chargée de prévenir son mari de l'émotion que suscitait l'hypothèse de cette nomination (de Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis, ndlr) dans des milieux culturels souvent proches de la gauche où elle garde de nombreux amis». Le même article révèle que Valéria Bruni-Tedeschi, cinéaste et actrice, est elle-même une amie proche de l'actuel directeur de la Villa Médicis, le scénographe Richard Peduzzi. C'est dire si l'ami Benamou s'est mis dans de sales draps.
Bref, tout se passe comme si «l'ouverture façon Carla» succédait doucement à «l'ouverture à la mode Benamou». Un changement subtil, opéré avec doigté par «Carla la discrète», comme l'a mis en une le Figaro-Magazine ce week-end.
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# Posté le mardi 01 avril 2008 07:50

Modifié le mercredi 21 mai 2008 07:15

LA RIGUEUR SANS LE DIRE...

LA RIGUEUR SANS LE DIRE...
François Fillon a joué une nouvelle fois les pères-la-rigueur sur France Inter. Non seulement il n'a rien annoncé de nouveau, mais ce qu'il a dit contredit bien des économistes, ainsi que l'Elysée.




Vive la sémantique ! L'Elysée ayant interdit l'emploi du mot rigueur, le Premier ministre François Fillon s'est efforcé de faire comprendre, ce matin sur France Inter allait faire de la rigueur sans le dire. Pour cela la langue française dispose de ressources considérables : économies, assainissement, réductions de dépenses, etc. Au passage, François Fillon en profite pour peaufiner son profil de «Mendes de droite». En répétant les bêtises habituelles reçacées par la pensée unique depuis trente ans. Résumons la pensée Fillon :

1) La France est en faillite depuis 33 ans

Première aberration, le terme même de faillite ne s'applique pas à un pays. On a dit que le Mexique, ou, plus récemment, l'Argentine était en faillite. Mais les institutions internationales ont joué dans les deux cas le rôle de prêteur en dernier ressort. La dette de la France, pour considérable qu'elle soit est adossée à un patrimoine qui la garantit confortablement. La dette n'est pas mauvaise en soi : elle peut être productive ou improductive, selon que l'endettement correspond à un investissement rentable ou à une dépense improductive.

2) Les jeunes Français sentent bien qu'ils ont une épée de Damocles qui est la dette que leurs parents ont accumulé par manque de courage.

Ca fait toujours bien de défendre les jeunes dans les salons médiatiques. Mais en l'occurrence, l'économiste Jean-Paul Fitoussi a démontré ici même qu'il a appelé «l'hypocrisie de ce raisonnement» : «Il est assez normal que quand l'économie ralentit, le déficit public augmente. Ce n'est pas quelque chose dont on doit s'alarmer car cela fait partie de ce que les économistes appellent les stabilisateurs automatiques. Autrement dit, quand ça va mal, l'Etat prélève moins sur le secteur privé. » Poursuivant son raisonnement Jean-Paul Fitoussi avait déclaré : «On doit se demander si cela vaut la paire de réduire le déficit de l'Etat si, ce faisant, on augmente celui des ménages. Il vaut mieux un état endetté que des ménages endettés. Pourquoi ?C'est le B.A.BA de la théorie économique : les emprunts d'Etat se font à un taux beaucoup plus bas que les emprunts des ménages.» Si l'on suit ce raisonnement, vouloir assainir les dépenses publiques dans un contexte de ralentissement économique aboutit à alourdir la dette et non à l'alléger...

3)L'Allemagne, plus endettée mais plis dépensière

L'exemple allemand devrait à ce titre, faire réfléchir notre cher Premier ministre et les père-la-vertu qui le conseillent. Outre Rhin en effet, alors que le pays est davantage endetté que la France, l'Etat vient de négocier une augmentation de 8% de la rémunération des fonctionnaires sur deux ans compte tenu de l'inflation. L'état allemand joue ici pleinement son rôle d'amortisseur de la crise économique. IL est vrai que la menace de grève des syndicats allemands l'a mis sur la bonne voie. En France, le rapport de force entre salariés et patrons et même entre les fonctionnaires et l'Etat, ne permet sans doute pas d'obtenir un rattrapage salarial de cette ampleur. Ce qui peut nous occasionner un ralentissement plus important qu'en Allemagne. Il est d'ailleurs patent que le raisonnement fillonesque contredit en tout point celui qui est tenu à l'Elysée par certains conseillers. Henri Guaino rejoint ainsi Jean-Paul Fitoussi lorsqu'il affirme qu'un Etat endetté est préférable à des ménages endettés.
Mais apparemment, l'Elysée semble aujourd'hui déterminé à laisser le Premier ministre assumer une politique de rigueur qui ne dit pas son nom.
Il ne s'agit pas de sacraliser la dépense publique ou un fonctionnement de l'Etat critiquable sur bien des points. Mais en adossant l'idée de rigueur à la crise économique, le Premier ministre contribue à saper la confiance et surtout à semer des illusions. D'abord parce que les mesures d'économies, et notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne s'appliqueront qu'en 2009. Ensuite parce qu'en expliquant, comme ce matin sur France Inter, que les mesures d'économie s'appliqueront de façon uniforme à toutes les activités de l'Etat, le Premier ministre contredit ce qui a été dit par ailleurs sur les priorités de la sécurité et la maintien du budget de la Justice dont s'est vanté Rachida Dati. Enfin, parce que la surcharge pondérale de fonctionnaires existe surtout dans la fonction publique territoriale. Or, de ce point de vue, la décentralisation prive l'Etat de tout moyen d'agir...
Si bien que l'on se demande si la sortie de François Fillon sur France Inter, qui n'a rien annoncé, avait une autre façon que celle d'effacer l'impression de pilotage en double commande laissée par les interventions simultanées ce week-end de François Fillon et de sa bête noire Xaver Bertrand, qui s'affiche déjà comme son successeur.
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# Posté le mardi 01 avril 2008 07:40